Le paradoxe de l’effort et de nos tendances naturelles

L’effort est paradoxal dans le sens que son anticipation est pénible, sa réalisation parfois plaisante, et sa conséquence est souvent agréable. Cela vaut pour l’activité physique, les tâches administratives, ou même l’apprentissage de nouvelles choses.

Le paradoxe peut presque sembler illogique : pourquoi nous est-il difficile de réaliser ces choses qui semblent avoir des conséquences si positives sur nous-mêmes ?

Par exemple : apprendre une nouvelle langue demande un effort soutenu et régulier. Cependant, il est tout à fait possible de prendre du plaisir dans cet apprentissage. Et les conséquences sont très positives puisque vous pourrez alors parler avec des gens de cultures très différentes par exemple, trouver un nouveau job, etc.

Pourquoi sommes-nous paresseux ?

Mais alors comment la nature de l’homme peut-elle être aussi paresseuse ? Une des hypothèses possibles est que depuis toujours l’homme a vécu dans une situation de rareté de la nourriture et d’insécurité. Alors chaque effort devait être réfléchi. En effet, faire un effort demande du temps et de l’énergie. Et ceux-ci peuvent être mieux utilisés en allant récupérer de la nourriture par exemple.

 

Effort cycliste

Il y a une autre explication culturelle. Nous ne vivons pas dans une culture de l’effort dans les pays occidentaux, mais dans une culture du divertissement. Les activités passives telles que la télévision, le cinéma, le théâtre, les événements sportifs, les concerts… sont des activités de consommation et non de création. Et ces activités sont très largement encouragées par la publicité. Car une des caractéristiques de la société de consommation, c’est justement qu’elle encourage à consommer et pas à créer. Car créer est très peu cher, sinon… en effort ! (un article en anglais qui pousse à la réflexion que j’ai lu récemment interroge le lien entre avoir un emploi de 9h à 17h et la société de consommation)

La société de l’ultra-effort

Alors entre notre nature et notre culture tout nous pousse à paresse et à la consommation ? Non pas tout ! Un autre pan de notre culture valorise l’effort, mais dans un but que je ne soutiens pas. En effet, notre culture, et encore plus celle des États-Unis, poussent à l’effort dans l’objectif d’avoir du succès et de « réussir ». Je pense que c’est une grande escroquerie. Le succès pour moi, c’est réussir à être heureux, rendre heureux les gens autour de soi et contribuer à améliorer notre société. Ce n’est pas devenir riche, célèbre ou diriger une entreprise prospère. Ces choses peuvent certes être agréables mais elles sont pour moi secondaires. A partir du moment où l’on a assez d’argent pour nourrir et loger sa famille et soi, gagner plus d’argent ne devrait pas être une priorité. Le désavantage de cette culture de l’effort pour le succès se retrouve chez plusieurs types de personnes : les entrepreneurs et les cadres. Ils sont parfois prêts à sacrifier leur vie personnelle pour « réussir ».

Mais alors comment trouver un équilibre entre ces deux extrêmes ? D’un côté, une oisiveté consommatrice et de l’autre des efforts démesurés menant au burnout.

Pour les cadres au bord du Burnout, je recommande « Le Droit à la paresse » de Paul Lafargue :

Pour ceux qui sentent au contraire que leur vie est dictée par la paresse, je conseille le sentiment d’efficacité personnelle de Albert Bandura :

 

J’attends vos opinions et commentaires sur la place de l’effort dans votre vie. A bientôt !

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